C'est dans une petite ruelle de Paris, parfaitement typique et protégée de l'agitation citadine, que le service de relation presse de
Nintendo nous a proposé de les rejoindre pour une petite séance de détente. Pour nous protéger de l'ennui, nos hôtes avaient amené trois titres des plus intéressants. C'étaient donc pour commencer
Metroid Prime 3 et
Super Mario Galaxy qui ouvraient le bal, avec le talent qu'on les devinait capables de mettre en oeuvre, puis le plus inhabituel et critiqué
Wii Fit et sa fameuse Wii Balance Board. Quelques trop courtes heures pour tout essayer et torturer.
Metroid Prime 3 : Corruption Bien que l'ensemble du jeu semblait être fonctionnel dans cette version preview, ce n'est que des premières minutes, jusqu'au premier boss, que j'aurai fait l'expérience. On retrouve évidemment et sans surprise aucune l'atmosphère propre aux
Metroid Prime et l'ambiance graphique qui va avec. L'interface est également tout à fait identique, comme vous aurez pu en juger sur les nombreux médias qui accompagnent les diverses apparitions du jeu depuis plus d'un an. Trêve de bavardages, il est temps de racketter une Wiimote et de mettre la main à la pâte.
La première impression est plutôt bonne, le viseur est précis, sensible et donc réactif. Première remarque pour le seul plaisir de critiquer un soft encensé, la vue ne tourne pas assez vite lorsqu'on amène le viseur à une extrémité de l'écran. Il semble cependant que la version définitive permette de régler tout cela, et que nos voisins américains n'aient donc aucun problème de cet acabit. L'image sur grand écran 16:9 rend superbement et n'est que très peu aliasée. Divers effets de lumière ou de déformation de très bonne qualité agrémentent vos actions et, sans pouvoir parler de fossé technique pour autant, la progression par rapport à
Metroid Prime 2 est clairement notable.
Les mécaniques de la série ne sont elles non plus pas jetées aux oubliettes et le scan, les passages en morphball et le shoot compulsif sont à nouveau de la partie. Les phases de combat sont d'ailleurs à ce titre aussi bien orchestrées que le disent les nombreux retours sur le jeu. Une simple pression sur le bouton Z bloque votre vue et vous permet uniquement de strafer, d'avancer de reculer. Même si cela peut s'avérer commode lors de combats en couloir, qu'y a-t-il de si intéressant à cela ? Le fait que la vue se centre sur un ennemi dès que vous en croisez un, peut-être. Il ne vous reste alors qu'à bombarder le centre de l'écran jusqu'à ce que le résultat escompté soit obtenu. Loin de simplifier à outrance le jeu, cette fonctionnalité est tout à fait adaptée et ne mâche pas autant le travail qu'on pourrait le craindre. Pas plus que le lock des opus
GameCube par rapport à des FPS traditionnels, en tout cas.
Super Mario Galaxy
Cette (trop) courte démonstration ne dévoilait évidemment rien sur le scénario de la bête, mais permettait de faire la rencontre de la belle princesse Rosetta, seule damzelle in distress dévoilée. Impossible à l'heure actuelle de savoir si elle prendra la place de l'autre boudinée ou si Mario devra se payer deux princesses en un seul jeu.
Si Metroid Prime 3 était on ne peut plus attendu – et l'est encore dans diverses contrées, dont la nôtre –, Super Mario Galaxy provoque presque l'hystérie chez certains fans impatients. Les plus stoïques, dont votre serviteur fait habituellement partie, ne peuvent même pas s'empêcher d'éprouver une certaine attente envers ce jeu. Surtout après ce second essai de la bête, cette fois-ci dans un superbe fauteuil et sans une dizaine fanboys furieux dans le dos. Les quatre niveaux proposés par cette version de démonstration, déjà présentée à l'E3, permettaient de se faire une idée assez concrète de la beauté indéniable du jeu ainsi que de son potentiel tout simplement énorme. Passées les quelques minutes d'adaptation nécessaires au déplacement sur surface sphérique et aux mouvements de la caméra associés, on profite d'une prise en main exempte de reproche et très similaire à celle de ses ancêtres 3D. La variété dans la progression et le level design formidablement inspiré émerveillent à chaque instant. Que ce soient de petites énigmes, des phases de plate-forme pures et dures, des voyages interplanétaires ou le retour des glissades, on s'amuse en permanence.
Il est impossible de décrire la frustration procurée par le message indiquant la fin de chaque niveau, ni donc d'exprimer l'impatience avec laquelle il est attendu par ma console. Vous ne pouvez pas mesurer la chance que vous avez de ne pas y avoir touché. Si, si, je vous assure.
Wii Fit
A la fois sensation et risée générales auprès de l'ensemble de la presse vidéoludique lors de l'E3, Wii Fit avait eu le mérite de faire parler de lui. Les journalistes ayant rapporté les informations à son sujet étant eux-même majoritairement joueurs confirmés, ils ne sont donc pas la cible visée par Nintendo avec ce jeu. L'accessoire introduit pour l'occasion, la Wii Balance Board (Pèse-Reggie sans fil pour les intimes), ne fit pas plus l'unanimité quant à son intérêt sur le long terme en dehors de Wii Fit. La performance technologique et la précision des outils de détection et d'interprétation de pression intégrés à Wii Fit avaient cependant agréablement surpris.
Il était temps de prendre en main le nouveau bébé de Miyamoto, qui semble décidé à nous donner l'air le plus ridicule possible devant nos télés. La Wiimote n'était qu'un début. Le jeu final comportera environ 40 épreuves de technique, de fitness, de yoga ou ludiques, mais ce n'étaient ici que 11 mini-jeux que Nintendo nous proposait d'essayer. Assez varié, le panel d'activités permet de juger de son équilibre et de sa réactivité de façon assez complète et amusante. Qu'il s'agisse de rester sur un pied de la façon la plus stable possible ou de déplacer son centre de gravité pour détruire des rectangles avec le point qui le matérialise sur l'écran, la précision de l'ensemble impressionne.
Du côté des exercices de yoga et de fitness, tout dépendra de votre motivation et de votre bonne volonté. Il est effectivement aisé de se prendre d'excellentes appréciations par le jeu alors qu'on n'a même pas bougé, ou si peu. Celui-ci ne peut en effet que détecter les variations de poids et part donc du principe que vous êtes un élève appliqué qui mime sans broncher les poses ringardes qui défilent. Il faut avouer que ne pas respecter les instructions enlève grandement de son intérêt à la chose.
Lassé par tant d'activités à connotation féminine, mon esprit macho décide pour conclure de se diriger vers les quelques jeux proposés. Si vous vous souvenez de l'épreuve consistant à intercepter des ballons avec sa tête en se penchant, présentée par Reggie Fils-Aimé à l'E3, sachez que c'est nettement plus dur une fois sur la balance. On s'amuse également quelques instants avec le saut à ski assez bien fichu et une sorte de mini-Kororimpa à la difficulté corsée et à la durée de vie limitée.
En préjuger en se basant sur le temps de jeu qui m'a été offert peut sembler présomptueux, mais avec 40 jeux intégrés, la lassitude pourrait poindre un peu trop vite par rapport au coût estimé du titre, évidemment supérieur à celui d'un jeu normal. A moins que vous ne soyez adepte du maintien en forme prôné par Miyamoto à travers Wii Fit et ne recommenciez avec ferveur les exercices de yoga. Rendez-vous en 2008.