Preview Résumé

No More Heroes

No More Heroes
Pour introduire No More Heroes il nous faut commencer par une digression. Effectivement cette introduction est brutale, mais si vous pensiez plonger dans un monde gentillet et plein de bons sentiments en vous rendant sur cet article, c’est que vous avez dû confondre avec un jeu du plombier diabétique.

Allons-y donc gaiement. Au commencement étaient les Capcom Five. L’annonce de leur arrivée sur terre Gamecubienne avait provoqué au sein de sa population d’immenses élans de liesse. Mais le miracle annoncé n’eut jamais lieu… Cependant, du vide intersidéral qui suivit ces effets de manche parvinrent à s’échapper deux demi-dieux (qui s’échappèrent d’ailleurs tant et si bien qu’ils atteignirent également le monde PS2). L’un deux, portant le doux sobriquet de Killer 7, décida d’amener avec lui son graphisme cel-shading extrémiste, sa violence, son gameplay volontairement très dirigiste et, de par le fait de tous ces points, son atmosphère étrange, décalée, inhabituelle. Killer 7 apporta à ses créateurs, les bons p’tits gars de Grasshoper Manufacture Inc., et en particulier à leur grand manitou Goichi Suda, alias Suda 51, un fort succès d’estime de niveau international.

Retour au présent. Pourquoi cette digression ? Pour comprendre à quel point No More Heroes, prochain gros projet de Grasshoper, est attendu avec impatience par une communauté de joueurs de taille non négligeable. Pour comprendre quelles responsabilités porte ce jeu sur ses petites épaules rondes de DVD. No More Heroes se doit d’apporter à la Wii le hype, le buzz, le mood, le in… dont cette console a besoin pour exister dans un maximum de cœurs. Réponse avant 2008, à sa sortie.

Ah, j’oubliais : et début de réponse dans cette preview, suis-je bête.


Le jeu dont vous êtes le Heroes

Dernier écart de conduite : No More Heroes ne s’est pas tout le temps nommé ainsi. Non. Son précédent pseudonyme était, roulement de tambour… Heroes. Ce changement phénoménal n’en n’est pas moins justifié : à défaut de héros, le jeu se concentre surtout sur des assassins. Mais attention, pas des assassins de pacotille ; des tueurs professionnels classés à l’ATP, monsieur. Ainsi vous dirigerez de vos petites mains moites et gluantes Travis Touchdown, dont le but avoué est de devenir number one au top 50 des meurtriers. Combien d’obstacles sur ce chemin vers la gloire ? Dix. Méthode choisie pour les écarter du sentier ? Vous êtes un assassin, voyons…

No More Heroes sera donc organisé en dix “séquences” ponctuées de dix boss. Mais le soft ne sera pas aussi monté sur rails (littéralement) que Killer 7 : outre ces missions principales, d’autres activités devraient se proposer à vous. Et cela est bien normal, après tout, le terrain de jeu de Travis étant une petite ville de type californienne, à savoir Santa Destroy. Un nom prédestiné et dont l’antinomie des deux mots le composant fait directement rentrer dans l’ambiance légèrement décalée du jeu. L’évolution de votre avatar dans cette ville est libre, les déplacements pouvant s’effectuer en auto, moto ou à pied, tout simplement. N’omettons d’ailleurs pas l’adage « Tout automobiliste qui descend de sa voiture est un piéton ». Je vous laisse méditer là-dessus. Une fois votre réflexion terminée, vous serez ravi d’apprendre que le Quartier Général de Travis se situe dans un motel. A partir de cet endroit seront gérables le porte-feuille comme le porte-manteau de notre assassin favori. Et ce dernier sera bien garni : une centaine de tee-shirts, dessinés par Okama, sont collectionnables. C’est toujours mieux que de collectionner les échecs…


Kowabunga !

Arrive la plus importante des gestions : celle de l’équipement. Tout assassin qui se respecte en ce bas-monde possède son arme fétiche. Pour Travis, incarnation d’une certaine classe néoromantique (cherchez pas…), cette arme absolue est le Beam Katana. En langage Jacky : environ un sabre laser. C’est là que l’action annoncée comme frénétique commence. Un coup de Wiimote, un coup de Katana ; une direction avec le style du Nunchaku, une direction prise par Travis ; une pression sur les extensions boutonneuse de ce Nunchaku, d’autres techniques de tatanage de face enclenchées. Le gameplay se veut donc un mix entre l’immersion via le mouvement du Beam Katana et une manipulation classique des jeux à la troisième personne. D’autres armes en vue, docteur ? Certes. En bon maître épéiste, Travis pourra manipuler d’autres types d’épées fabriquées et vendues par Miss Naomi, une des partenaires qui parsèmeront la longue route de Travis vers le sommet. Longue route qui restera tout de même solitaire, seul Travis étant dirigeable, seul Travis éliminant un par un les autres méchants pas beaux.

No More Heroes se classera donc dans la catégorie des jeux dits “matures”, celle que beaucoup d’entre nous souhaitent voir bien remplie malgré tous nos arguments anti-anti-Nintendo. La violence ici ne sera pas la plus extrémiste, loin de là. Mais tuer, tuer et encore tuer avec classe, élégance et style constitue une certaine forme de violence, sans doute plus insinueuse encore que celle décriée dans la plupart des productions vidéoludiques. Comble du raffinement : il devrait être possible d’achever ses adversaires avec des coups spéciaux en répétant les mouvements défilant à l’écran. Et mine de rien, ce type de QTE (Quick Time Event) est toujours très sympathique à réaliser.

Autre point appréciable : la prise en compte de l’expérience acquise au cours du jeu. No More Heroes incluera donc un système de type RPG, probablement léger mais toujours bienvenu si bien intégré. Et la gestion du WifiConnect (lire : mode online) est également envisagée, sans que l’on ne possède plus de détails à l’heure de l’écriture de cet article. Bonus ou partie intégrante du jeu, telle est la question, à laquelle je répondrais en toute méconnaissance de cause par un franc “bonus !’. Wait & see comme on dit.


C’est bien beau tout ça…

Mais… Mais rien du tout, car effectivement, c’est bien beau. Loin d’atteindre le parti pris graphique de la production précitée de Grasshoper, soit Killer 7 (vous aviez deviné ?), No More Heroes possède néanmoins sa propre identité visuelle clairement marquée. Les textures sont volontairement simples, l’effet produit sur les structures 3D étant du plus bel effet. Certes, la technique du cel-shading est loin d’être nouvelle, mais Suda 51 et son équipe savent admirablement l’utiliser. Bien évidemment le design même des armes, personnages et véhicules possèderont un style caractéristique propre. Le travail en ces domaines a ainsi été confié à deux noms du monde de l’animation japonaise, Shigeto Koyama et Yusuke Kozaki. Je ne les connais pas personnellement, mais enchanté, messieurs.

Au final, le jeu n’est donc pas extrêmement beau techniquement parlant, mais l’est du point de vue artistique. Tout cela étant évidemment très subjectif. Il n’empêche, que l’on aime ou pas, c’est un choix qui se respecte et qui permet de fortement individualiser le jeu. Et tout simplement de lui donner une ambiance visuelle en adéquation avec celle de son scénario ou de son gameplay. Et la marque des grands jeux est souvent là : savoir créer un univers cohérent, même s’il est déjanté, ainsi qu'une harmonie entre tous ses éléments constitutifs. Les premières haies sont donc franchies, reste à No More Heroes l’obligation de ne pas se ratatiner pitoyablement dans la seconde partie de la course. Course dont la retransmission télévisée ne pourra avoir lieu que dans quelques mois, lorsque le jeu pourra atterrir entre nos mains avides (et toujours moites et gluantes).


Il n’y a plus qu’à attendre

Comme dirait l’autre, y'a plus qu'à (ndlr : Yaka, haha). No More Heroes est attirant ou rebutant, semble excitant ou lassant, original ou finalement banal, mais surtout, No More Heroes est. Point. On l’attend donc de pied ferme, ce futur OVNI de Suda51. Et s’il ne répond pas à nos attentes, c’est décidé : j’arrête le pastis…
Verdict :
Par vendredi 12 janvier 2007 à 14h53
  • Fil
    Jolie preview et les images sont encourageantes, No More Heroes surprend mais j'espère que les déplacements ne seront pas gérés comme dans GTA. Attente maximum.. !
    il y a 4 années
    • Mac OS - Utilisateur de Mac OS - Débloqué le 27 novembre 2007
    • Firefox - Utilisateur de Firefox - Débloqué le 24 septembre 2007
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