Test

Sin And Punishment

Sin And Punishment

Un gros flingue pour arroser généreusement des centaines d’aliens visqueux, un bon vieux sabre laser pour en faire des sushis au corps à corps, une action frénétique et rythmée : autant dire que l’arrivée de Sin and Punishment sur C.V. ne marquait pas exactement un retour à la naïve poésie des jeux de notre enfance. Pourtant, la diffusion de ce titre ne semble pas avoir, en dehors de son Japon natal, soulevé plus d’enthousiasme que ça.
Petit rappel des faits : Sin and Punishment, développé par les talentueux créatifs du studio Treasure co.ltd pour Nintendo 64, fut commercialisé sur le sol nippon en 2000. Bien qu’au départ conçu pour un public international, comme en témoignent les doublages en anglais de tous les dialogues, il ne fut pourtant distribué qu’au Japon, et ce dans des proportions étonnamment modestes de surcroît. Cette frilosité tardive est sans doute à mettre sur le dos de la baffe non négligeable que la N64 vieillissante encaissait en silence face à la concurrence insurmontable de la Playstation à l’époque. Cette faible distribution cumulée aux qualités exemplaires de ce titre ne tarderait pas à lui conférer son statut de jeu culte au sein de la communauté des névrosés vidéoludiques (dont votre humble serviteur se doit d’assumer la honte de faire partie) ; allez jeter un œil à sa cote sur les sites spécialisés pour vous faire une idée de ce dont je parle… Snobisme ou talent ? Mise au point sur la légende.



Il faut que ce soit clair dès le départ : Sin and Punishment n’est pas une adaptation vidéoludique du roman de Dostoïevski « Crime et Châtiment » mais bien un authentique rail shooter futuriste. J’en vois déjà trois qui sortent de la salle à la simple évocation du terme rail shooter. Oui, vous trois, là. Revenez vous asseoir tout de suite et souvenez vous qu’on parle d’un jeu de Treasure, nom de dieu ! Ikaruga, Gunstar Heroes, Radiant Silvergun, Guardian Heroes, Gradius V… Avec un CV pareil, on se doute bien qu’on va pas jouer à Operation Wolf.
Ici, l’originalité du titre repose sur le gameplay. En effet, il s’agira de déplacer indépendamment le personnage d’une main, et le viseur de son arme de l’autre. Et autant dire que le level design exploitera cette mécanique et ses possibilités tout au long du jeu. Il faut vous dire que si ça peut sembler simple comme ça, sur le papier, essayez mes jeunes amis de vous imaginer trente secondes en train d’esquiver des missiles, debout en équilibre sur un bout de tôle froissé en chute libre au-dessus de l’océan, tout en essayant de couler un authentique porte-avion avec votre pistolet (stage 3) et vous vous ferez une bonne idée de ce qui vous attend tout au long des cinq stages de ce monument à la gloire du crachage de pruneaux en rafale.


Côté arsenal, on reste très simple. L’arme de votre héros propose deux modes de tirs : standard et lock, le premier étant plus puissant, le second ayant la faculté de suivre les ennemis automatiquement (ce qui permet de se concentrer d’avantage sur les déplacements du personnage, et croyez-moi, c’est pas du luxe par moments…). Par ailleurs, vous pourrez, dès qu’une cible rentrera dans votre périmètre direct, déployer une lame qui, outre le fait d’infliger des dégâts considérables, permettra également de renvoyer certains projectiles.
Côté contrôle du personnage à proprement parler, c’est plutôt bien fourni. Au menu : déplacements latéraux, dash rapides pour les esquives en urgence, saut ET double saut… Autant dire que l’exercice est assez déroutant au départ, tout comme pouvait l’être le fait de devoir changer la couleur de son vaisseau tout en manœuvrant dans Ikaruga mais, tout comme dans ce dernier, on s’y fait étonnamment vite et rapidement un plaisir de jeu inimitable s’installe.

Un autre gros point fort de Sin and Punishment réside dans sa mise en scène impeccable. Au fil des chapitres, on se laisse porter par le rythme effréné d’une aventure pleine de rebondissements. Alors, comme souvent chez Treasure, le scénario n’a pas grand intérêt, certes. En effet assez maladroit, inutilement complexe et parfois franchement absurde, il a au moins le mérite de réussir à faire cohabiter dans un même jeu des bastons de robots organiques géants, des séances de fusillade sur toit d’immeuble et des poursuites survoltées dans des bases militaires. La variété des situations dans laquelle le jeu va nous plonger n’est d’ailleurs pas sans rappeler d’autres titres de Treasure, Mischief Makers en tête ; tout comme le comique de situation de certaines scènes peut facilement évoquer Silhouette Mirage ou Gunstar Heroes. Bref, du grand Treasure comme on l’aime, avec un level design moulé à la louche dans les hauts alpages. A noter pour la petite histoire que Masato Maegawa, le boss de Treasure Co. Ltd, a confié dans une récente interview ne pas exclure la possibilité d’une suite de Sin & Punishment sur Wii. Si on considère la présence de Saki (le personnage principal) en guest star dans Super Smash Bros Brawl, tous les espoirs sont permis…



Visuellement, comme une grande partie de la ludothèque Nintendo 64, le jeu n’a pas superbement vieilli, surtout par rapport aux autres titres de Treasure qui avaient eu le bon goût de rester en 2D. Saluons néanmoins un bel effort artistique avec des designs assez soignés et une réalisation plutôt propre qui laisse la part belle à une action rythmée et dynamique (fait plutôt rare sur une console dont la plupart des jeux souffrent d’une inertie assez gonflante). Niveau bande son par contre, comme souvent chez Treasure il faut bien le reconnaître, c’est pas exactement l’extase. Mous, pas inspirés et globalement assez moches, les thèmes s’enchaînent sans jamais vraiment réussir à coller à l’action. Si vous êtes fan de techno-endive sauce synthé pouet, vous y trouverez peut-être votre compte, sinon évitez de trop monter le volume, vos voisins pourraient croire que vous êtes en train de regarder un enregistrement du film érotique de 23h30 sur TMC.

Mis à part ça en définitive, on ne peut que déplorer rétrospectivement l’injuste modestie du succès qu’a rencontré Sin and Punishment lors de sa sortie. Conçu au départ comme une tentative de toucher sur la Nintendo 64 un public aussi mature que celui ciblé par sa rivale, ce titre n’a en définitive eu pour seul défaut que d’avoir été commercialisé trop tard (comme beaucoup d’autres, Paper Mario en tête…). Il n’en demeure pas moins aujourd’hui encore une illustration imparable de l’extraordinaire faculté des gars de chez Treasure à faire du neuf avec du vieux.
J’en profite pour vous faire savoir que, non, je n’ai pas d’actions chez Treasure Soft.
Merci.


- Défoulant et rythmé, tout le plaisir de l’arcade dans le confort de votre intérieur bourgeois. - Une B.O. signée Charly Oleg au Bontempi. Formidable !
- Un jeu introuvable, hors de prix, et impossible à faire tourner sur une console européenne ? pour la première fois traduit ? pour seulement 12 euros ? sans sortir de chez moi ? je dis banco ! - Bon, le héros Saki porte un short… Je suis désolé, mais c'est un moins.
- C’est quand même super joli (pour de la Nintendo 64) - L’air de rien assez difficile. Ca peut ravir certain, mais ça rebutera les moins persévérants.
- Grosse replay value, on y revient assez facilement pour ses grands moments d’anthologie. - Bon, je m’en veux d’insister, mais le compositeur doit être le gendre du patron ou un truc comme ça...
Note finale
10 / 10
Osons le dire pour conclure, Sin and Punishment est au rail shooter ce que Ikaruga est au shoot them up et Guardian Heroes au beat them all : un monument. Son arrivée sur C.V. offre une occasion inespérée de faire découvrir à un large public ses innombrables qualités sans avoir à débourser une fortune (1200 Wii Points sur la Chaine Boutique) tout en pouvant profiter de l’exclusivité d’une traduction inédite.
Test de Sin and Punishment
Par mardi 22 avril 2008 à 21h23
  • superbe ! 10/10 vraiment !!! :)
    il y a 3 années
    • Nintendo Wii - Utilisateur de Nintendo Wii - Débloqué le 17 octobre 2008
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  • Jean-Ryu t'a un probleme avec les shorts :D ??
    Mais a part ca le jeu est genial franchement y'a pas photo ( en plus c'est pas si cher que ca :geek: :geek: )
    il y a 3 années
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    • Firefox - Utilisateur de Firefox - Débloqué le 16 septembre 2007
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  • Pourquoi est-ce que ma pauvre manette gc est elle pêtée ? :'(
    il y a 3 années
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    • Okami -  - Débloqué le 16 avril 2009
  • Les shorts, c’est maaaal. Remarque, depuis ffX, on sait qu’on peut sauver le monde en short… ;)

    C’était vraiment histoire de trouver des moins et de pas faire mon fanboy, ce jeu n’a en réalité quasiment aucun défaut une fois remis dans son contexte.
    il y a 3 années
    • Mac OS - Utilisateur de Mac OS - Débloqué le 22 novembre 2007
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