Test

Les Chevaliers de Baphomet : the Director's Cut

Les Chevaliers de Baphomet : the Director's Cut

Voilà bientôt treize printemps que Les Chevaliers de Baphomet passionne les joueurs PC et Playstation. Souvent cité à juste titre lors de conversations mettant en scène le noble genre du point & click, calé habilement entre deux regrets de ce que sont devenues les productions LucasArts, le titre de Revolution Software, par son scénario intelligent, son graphisme audacieux mais aussi par son humour incorrigible, demeura bien longtemps au sommet scintillant du podium des meilleurs titres de sa catégorie. Depuis, la famille Baphomet a vu naitre trois nouveaux membres, les deux ultimes délaissant la seconde dimension pour la troisième à la grande peine des plus fidèles. Et revoilà qu'en 2009 George Stobbart, Nicole Collard, le clown et toute la bande reviennent pour offrir aux quelques retardataires honteux l'illustre chance de revivre leurs premières aventures parisiennes, le tout en offrant de nouvelles séquences de jeu et un léger lissage pour assurer le spectacle mais aussi pour concurrencer la version PC, tombée à une dizaine d'euros sur le marché de l'occasion depuis lors.

Voulez-vous me serrer la main ?

Il faut savoir que si Les Chevaliers de Baphomet est considéré par de nombreux connaisseurs comme l'un des (si ce n'est le) meilleur(s) jeu(x) du genre, ce n'est nullement une question de hasard. Le scénario, servi par un doublage français de haute qualité devenu culte, invitait le joueur à voyager de Paris en Espagne jusqu'en Irlande pour résoudre une affaire de meurtre qui prit bien vite des airs de folle conspiration. Les répliques humouristiques fusaient, les énigmes s'enchainaient et les paysages aux allures cartoonesques n'avaient de cesse de se succéder les uns aux autres, tous soulignés par de légères mélodies qu'ils étaient. Mieux qu'un chef-d'oeuvre, un mastodonte qui marqua à jamais le genre qui avait connu l'honneur d'y mettre bas.

Mais voilà : le jeu date de plus d'une décennie et a même eu le temps d'être correctement réédité sur Game Boy Advance. La version PC, jusqu'alors considérée comme étant la meilleure de toutes, a logiquement connu de sévères baisses de prix, jusqu'à se retrouver échangeable contre un billet de dix euros. Lorsque l'on sait qu'il faudra débourser une cinquantaine d'euros pour se procurer Les Chevaliers de Baphomet : the Director's Cut, l'on ne peut que s'en retrouver refroidi. Mais les petits gars de Revolution Software sont loin d'être idiots. C'est ainsi que de nouvelles séquences de jeu et quelques légères modifications se retrouvent au coeur des débats. On retrouve naturellement le graphisme originel légèrement affiné. Les personnages, pour leur part, manquent sensiblement de détails et souffrent d'animations rustiques mais les tableaux dans lesquels ils évoluent demeurent bourrés de charmes comme au premier jour. Pour palier à ces défauts, des artworks affichent les visages des différents intervenants à la manière d'un Trauma Center, à la différence près qu'ils demeurent emprisonnés dans des cases de bandes dessinées, ce qui n'est pas sans contribuer au fort caractère visuel de l'oeuvre. L'interface, quant à elle, se veut claire et accessible, le confort de jeu allant en grandissant grâce à l'apport de la Wiimote qui sert de prétexte pour introduire de nouveaux puzzles aidant à agrémenter l'aventure en variant les expériences. Certains ont pu prétendre que ces nouvelles énigmes interractives se retrouvent desservies par la Wiimote en se basant sur une épreuve bien précise, la seule à poser problème à condition de ne pas en comprendre le gameplay : l'énigme dite du cylindre. Cette dernière demande en effet de remuer le poignet dans un sens ou dans l'autre en faisant attention aux cliquetis comme l'on forcerait un coffre fort. Si l'on est bêta et rentre dedans, l'on peut se briser le poignet à essayer de lui faire endurer des tours complets. Mais si l'on a un minimum de jugeotte, l'on remarquera qu'un mouvement inverse n'influe en rien sur la position du cylindre et qu'il est ainsi possible de reprendre la rotation en reprenant confortablement le mouvement à zéro.

  source - http://img1.livegen.fr/00/00/19/00/0000190013.jpg   source - http://img1.livegen.fr/00/00/19/00/0000190014.jpg   source - http://img1.livegen.fr/00/00/19/00/0000190015.jpg  

Avez-vous déjà vu ce clown ?

Si quelques ajustements au niveau des dialogues originaux sont à prévoir, le gros des nouveautés scénaristiques concerne les phases de jeu où l'on abandonne la crinière de George Stobbart, le héros de l'aventure initiale, pour les beaux yeux de Nicole Collard, sa fidèle complice. Ces nouvelles scènes, intelligentes et bienvenues, sont remarquablement introduites dans le synopsis de l'aventure. C'est alors que l'on aborde ce qui fait à la fois la force et la faiblesse de cette adaptation : qui dit nouvelles scènes dit nouveaux doublages. De fait, si les comédiens demeurent heureusement inchangés, la qualité des enregistrements sonores a connu de réels progrès en treize ans, à tel point que les nouvelles tirades, nettes et propres, contrastent avec les anciennes, enregistrées avec un matériel d'un autre âge. A première vue futile, ce détail peut s'avérer extrêmement nuisible pour l'immersion par son omniprésence. S'il est évident que les fans auraient sauté au plafond et déclaré la Troisième Guerre Mondiale au reste de l'univers si Revolution Software avait osé supplanter l'excellentissime doublage original, les échanges entre les nouvelles et les anciennes phrases agressent les tympans, dérangent. Peut-être aurait-il été préférable de saboter volontairement les nouveaux dialogues ou de réenregistrer les anciens quitte à introduire la version originale des Chevaliers de Baphomet en bonus, histoire de ne pas heurter la fine sensibilité des joueurs tout en assurant l'homogénéité de l'oeuvre qui lui fait cruellement défaut. Il est à noter que ces incohérences sonores semblent nettement moins prononcées sinon absente sur les autres langues disponibles dans cette version PAL qu'il est possible de sélectionner à tout instant (espagnol, allemand...remarquez que la bande sonore anglaise est elle aussi très soignée et constitue à elle seule un véritable délice).

Cette adaptation Wii peut se vanter d'abriter un mode coopératif qui consiste à se passer le relai en appuyant sur la touche 1 de la télécommande. Des deux pointeurs qui gesticulent à l'écran, un seul peut diriger le personnage joué, l'autre étant transparent en attendant que son partenaire lui cède le flambeau, chose futile dans l'absolu. Mais il est toujours sympathique de s'avachir en bonne compagnie au creux d'un canapé et de dévorer l'un des meilleurs point & click assisté d'un être cher avec lequel l'on peut se relayer. Le copain à l'humour trop gras ou la belle asiatique au décolleté trop imposant qui vous regarde jouer peut ainsi passer du statut de spectateur à celui d'acteur à tout instant, mais aussi pointer directement l'endroit qu'il/elle estime utile de regarder d'un peu plus près. Dans le cas de la séduisante partenaire, il est bien évidemment impossible d'en pointer la généreuse poitrine recouverte d'un tissu minimaliste et de la passer à la loupe. Testé et démenti.

  source - http://img1.livegen.fr/00/00/19/00/0000190025.jpg source - http://img1.livegen.fr/00/00/19/00/0000190032.jpg   source - http://img1.livegen.fr/00/00/19/00/0000190036.jpg  

Ce mouchoir vous inspire-t-il quelque chose ?

Au-delà du confort apporté par la Wiimote et de l'interface de qualité, Les Chevaliers de Baphomet : the Director's Cut s'efforce de rendre l'expérience agréable à ses joueurs, qu'ils soient vétérans ou novices. Si certains errements de la version originale sont retouchés (l'énigme de la chèvre, par exemple, est nettement moins rigoureuse et intransigeante qu'auparavant, chose que l'on ne regrettera pas), on retiendra surtout la présence du journal et des astuces. Si le premier permet de récapituler l'aventure donc de ne pas se perdre après une semaine de pause, les dernières servent à ne jamais rester bloqué contre son gré. Si l'on met trop longtemps à progresser, une première astuce devient disponible. Puis une deuxième ainsi qu'une troisième jusqu'à la dernière qui indique clairement la marche à suivre. Facultatifs, ces coups de pouces d'efficacités croissantes ne pourront que plaire à ceux qui ne supportent pas de rester coincés au beau milieu d'une aventure qui les passionne. Les férus d'énigmes qui n'ont pas froid aux yeux, quant à eux, se contenteront de les bouder et pourront se vanter en fin d'aventure de n'en avoir utilisé aucune. Le système évoquera à certains ce que l'on a déjà vu dans les aventures du Professeur Layton, à la différence près que les astuces sont ici comptabilisées mais infinies.

C'est un véritable plaisir que nous fait Ubisoft de distribuer Les Chevaliers de Baphomet : the Director's Cut dans nos contrées. L'aventure est haletante, riche, drôle, complète et rondement menée par des doubleurs en grande forme qui récitent avec talent des dialogues savoureux. L'humour et la passion sont au rendez-vous dans un jeu qui n'a su que se bonifier avec l'âge, primé qu'il est de quelques ajouts bienvenus. Si vous cherchiez quel titre vous procurer neuf cette année, n'hésitez plus. Avec les promesses faites de rééditer le deuxième volet en cas de succès commercial mais aussi et surtout de remodeler les épisodes 3 et 4 en 2D, vous n'aurez probablement jamais aussi bien gaspillé votre argent dans un jeu vidéo. Autant dire qu'il est l'heure ou jamais de redorer le blason du militantisme en soudoyant quelques actionnaires.

Gameplay
7 / 10
Aussi confortable si ce n'est d'avantage encore qu'à la souris, bien plus agréable qu'au pad d'une Playstation, qu'aux boutons d'une GBA ou qu'à ceux d'une Nintendo DS, cette version des Chevaliers de Baphomet se positionne en pole position en ce qui concerne le confort de jeu. Classique, efficace et agréable. Les nouveaux puzzles, quant à eux, ne posent aucun problème de jouabilité tout en permettant d'agrémenter l'aventure en en variant les expériences.
Graphismes
6 / 10
Heureusement affinés, les graphismes des Chevaliers de Baphomet séduisent autant qu'à la première heure. Le parti pris graphique cartoonesque, que les derniers arrivants pourront comparer au style d'un Runaway, y est pour beaucoup. Seules les cinématiques deviennent vieillissantes avec l'âge. L'interface, quant à elle, est claire et aisément praticable.
Bande-Son
5 / 10
Des mélodies rares et légères qui contribuent au caractère de l'oeuvre cumulées à des dialogues savoureux narrés par un doublage devenu culte auraient dû suffire à propulser la bande sonore des Chevaliers de Baphomet vers les plus hautes sphères. Il n'en sera malheureusement rien, la faute à un étrange mélange entre le sacro-saint doublage d'époque et les phrases nouvelles, pourtant crachées par les mêmes narrateurs toujours aussi efficaces. Le problème viendrait plutôt de l'homogénéité du tout, la qualité sonore des doublages d'époques contrastant terriblement avec les nouvelles tirades. Le décalage, plus qu'évident, gêne par son omniprésence et peut gravement nuire à l'immersion selon votre indulgence. Qui aurait cru qu'étoffer le contenu de l'oeuvre aurait pu, en un sens, couver son plus gros défaut ?
Durée de vie
5 / 10
Comme c'est souvent le cas pour un jeu de cette catégorie, la durée de vie dépend avant tout de vos facultés intellectuelles, de votre expérience et de la qualité de votre raisonnement. Cela dit, si vous usez des astuces pour vous éviter de sécher péniblement, vous pouvez compter sur une douzaine d'heures pour venir à bout de l'aventure. Un bon standard pour le genre.
Note finale
8 / 10
Les Chevaliers de Baphomet : the Director's Cut se présente effectivement comme la version ultime d'une oeuvre qui fut un temps le meilleur jeu d'aventure tous supports confondus. Un passé loin d'être révolu qui peut s'appuyer sur un contenu étoffé et affiné pour justifier pleinement sa place sur les étalages de nos revendeurs pourtant asphyxiés par la concurrence présente et à venir, Runaway 3 et Another Code R en tête de liste. Merveilleux et entraînant, servi par un humour omniprésent et un graphisme qui délivre toujours autant de charmes, l'aventure marquera les esprits des habitués du genre, tellement rares à ne pas s'être déjà essayés à ce monument du point & click. Si vous êtes totalement insensible aux problèmes sonores précédemment soulevés, vous pouvez largement rajouter trois points supplémentaires à la note située à la gauche de ces lignes. Mais vous pouvez en retirer tout autant si vous y êtes allergique.
Test de Les Chevaliers de Baphomet : the Director's Cut
Par dimanche 3 mai 2009 à 13h13
  • Bon test ! Il me tente bien et la note me conforte dans ce sens ... Merci ! :)
    il y a 3 années
    • Nintendo Wii - Utilisateur de Nintendo Wii - Débloqué le 17 octobre 2008
    • Participation (niv 7) - 5000 Commentaires postés - Débloqué le 14 juin 2011
    • 20000 pièce d'or - Vous avez gagné 20000 pièces d'or - Débloqué le 17 novembre 2010
    • New Mario Bros Wii - New Mario Bros Wii - Débloqué le 06 avril 2010
    • Plants vs zombies - Plants vs zombies - Débloqué le 06 avril 2010
  • ouai enfin avec les doublage en 8kbs pour les parties originales du jeu et le double en 128 avec la premiere partie qui est toute nouvelle.... passer du son plus que correct au mp2 de l'époque heu.... ca fait gresiller les oreilles... pis j'ai jamais compris pourquoi le ricain avait un accent british :p

    apres franchement pour les puzzles, ils ont été fait pour une souris et ça se sent. la wiimote n'est pas toujours l'outil idéal surtout pour ouvrir les portes avec un code ou faut tourner dans tous les sens....
    il y a 3 années
  • Franchement les défauts qui apparaissent au mélange de "vieux" et de "neuf" me font largement hésiter sur ce coup là. Je ne l'achèterai sûrement pas en neuf pour me retrouver avec un vieux jeu maladroitement relifté. Domage, mais bon :hesitant:
    il y a 3 années
    • Firefox - Utilisateur de Firefox - Débloqué le 20 août 2008
    • Revenant - Back from the dead - Débloqué le 24 décembre 2010
    • 20000 pièce d'or - Vous avez gagné 20000 pièces d'or - Débloqué le 30 décembre 2010
    • Défenseur open-source - Utilisateur de Linux - Débloqué le 03 avril 2011
    • Participation (niv 4) - 1000 Commentaires postés - Débloqué le 19 octobre 2011
  • En ce qui concerne les puzzles, tu devrais lire le test, Evangelius, un paragraphe t'es destiné. Le troisième. Sinon, ils n'ont certainement pas été faits pour une souris, puisque n'étant pas présents dans la version originale du jeu : the director's cut n'a jamais été prévu sur PC.
    il y a 3 années
  • J'etais moyennement emballee, maintenant je risque de me le prendre. Mon banquier va detester LiveGen! ;)
    il y a 3 années
    • iOS - Utilisateur d'iOS - Débloqué le 29 août 2010
    • Plants vs zombies - Plants vs zombies - Débloqué le 05 avril 2010
    • Mirror's Edge - Faith - Débloqué le 08 septembre 2010
    • Professeur Layton -  - Débloqué le 12 avril 2009
    • 1UP! - Premier vote positif - Débloqué le 11 décembre 2010
  • Il sera mien en occase seulement :p
    il y a 3 années
    • Défenseur open-source - Utilisateur de Linux - Débloqué le 04 octobre 2010
    • E3 2011 - Présent lors de l'E3 2011 - Débloqué le 03 juin 2011
    • Je suis le premier ! (niv 4)  - Premier à poster sur 300 commentaires - Débloqué le 22 janvier 2010
    • Revenant - Back from the dead - Débloqué le 27 décembre 2010
    • Google Chrome - Utilisateur de Google Chrome - Débloqué le 16 décembre 2011
  • je l'ai lu Evath, quand je vois ta signature en bas je me sens un peu obligé de le faire :p mais c'est assez vague, cependant il n'y avait pas que le cylindre qui me posait des problemes à la wiimote, apres ya aussi le fait que je sois super doué pour tater la wiimote en puzzle :p
    il y a 3 années
  • A mon sens ce n'est peut-être pas le fait que tu ne sois pas doué pour les puzzles (quoique :cool:) à la Wiimote mais que tu dois terminer ces puzzles avant d'en avoir compris le gameplay. J'ai personnellement ragé sur le cylindre quelques minutes avant de me rendre compte de ma bêtise. Rentre-dedans, quoi. Et j'aurais campé sur ma position si je n'avais pas découvert ce petit détail tout bête du demi-tour. Quand ça marche d'être un rentre dedans, on termine un puzzle sans avoir compris qu'on s'est cassé la tête (ou le bras) pour rien, question d'habitudes paddesques (on réagit souvent comme si les mouvements d'une Wiimote correspondaient à ceux d'un joystick, à savoir que le retour en arrière a forcément une incidence sur le jeu lorsque ce n'est pas le cas).

    - Edit à 13h02 : Le secret, c'est d'essayer de comprendre les mouvements avant d'essayer de résoudre le puzzle.
    il y a 3 années
Vous ne pouvez plus poster de commentaire