Test

Sports Island 2

Sports Island 2

Entre Roland-Garros, Tour de France ou coupe de football, s'il est une période pour motiver nos corps mous et flasques à se bouger le popotin pour entamer une cure sportive, c'est bien la fin du printemps. Intelligemment, Hudson nous propose donc la suite de son soft millionnaire, le plus ou moins bien nommé Sports Island. Qu'en penser ? Rien, simplement préparer baskets, échauffements musculaires et crises d'asthme... mais surtout tennis elbow.


A vos marques

Le mode d'emploi n'a pas changé depuis le premier opus : on bouge la manette à tout va, sans vraiment s'y croire et avec l'impression de peser quelques tonnes et de posséder des temps de réactions dignes d'un brontosaure. L'honnêteté intellectuelle oblige tout de même à signaler une amélioration assez notable sur ce point de la réactivité de la reconnaissance de mouvements, comparativement au premier volet. C'est dire à quel point il avait peu de choses pour lui. Le titre s'adresse toujours notamment aux joueurs plutôt occasionnels, mais le fait avec plus ou moins de succès. En effet, la volonté d'explication permanente des commandes (didacticiels lors du solo, rappels des commandes et des règles ainsi que conseils d'après-matchs) tend à fournir un parachute agréable, mais la quantité assommante de textes qui en découle et surtout l'impression donnée, en partie justifiée d'ailleurs, d'une quantité excessive de choses à retenir tendrait à couper les cordes qui relient le joueur au dit parachute. Car même votre dévoué serviteur, fort de vingt années d'une brillante carrière dans le monde merveilleux du jeu vidéo, et modeste qui plus est, n'a pas échappé au syndrome dit du « tout ça à retenir ?! ». Dommage, car le seul excès de zèle est responsable d'une bonne partie de ce sentiment : mettez des tonnes de policiers dans la rue et le sentiment d'insécurité sera plus présent encore, tel est le paradoxe que partage Sports Island 2. Mais finalement, on se rend vite compte que ces forces de l'ordre ne sont que trompe-l'oeil : la plupart du temps, des mouvements secs du poignet suffisent à tout. Les associations avec divers boutons ne font de toute façon qu'handicaper le gameplay en l'éloignant d'un processus qui se rapprocherait du naturel. On retiendra au final des contrôles très approximatifs, plus lents que Wii Sports par exemple.

Prêts

Revenons à quelques points positifs (ou presque), permettant à Sports Island 2 de dépasser le score fantastique de son ainé. Le premier d'entre eux est l'exhaustivité. Notez : dix sports, avec parfois plusieurs règles différentes et quelques défis à débloquer, plusieurs tournois à la difficulté variable et une pseudo-carrière ; un mode multijoueur finalement plus restreint que le mode solo, mais forcément plus amusant (l'intelligence non artificielle valant mille fois mieux que celle stéréotypée programmée pour ce titre) ; et une possibilité d'éditer ses équipes est présente, même si elle reste limitée et peu intéressante, avec des points de compétence gagnés ou perdus dont l'intérêt réel est discutable. Au final, on se retrouve donc avec un contenu correct, sans atteindre des sommets ni proposer de fantastique variété.

Enfin, achevons l'échauffement, ainsi que la bête, avec le plaisir des yeux et des oreilles. Ouille. Ouille ouille. Malgré de notables progrès au niveau du graphisme, toujours aussi pixellisé mais avec des écrans moins vides et quelques effets agréables (comme le reflet de la glace), on ne peut accorder de salut à Sports Island 2. La faute à une technique faiblarde, mais surtout, chose bien plus blâmable, à une esthétique proche du néant. Certes, on reconnait la patte Sports Island ; mais grâce à l'absence de style, justement. Un semi-réalisme simplifié qui garde le cul entre deux chaises interdit d'apprécier le moindre élément du décor, le moindre personnage, le moindre public. Si la Wii n'est pas un monstre de puissance, il est toujours possible d'appliquer un design agréable à l'oeil. Bien des titres, dont encore une fois Wii Sports, l'ont déjà fait. Retournons une dernière fois le couteau dans la plaie de la réalisation avec une bande-son horrible au possible. Des musiques électro-modernes casse-tympans, y compris pendant les épreuves, des bruitages fades, sans intérêt, et régulièrement perturbants également, voilà à quoi vous aurez droit dès l'écran de présentation sur le menu de la Wii.

 


Partez !

La liste des défauts et qualités (si, si, une certaine variété et même originalité des sports) ayant été fixée, passons aux dix sports proposés par le titre. Tous se caractérisent donc par une maniabilité, et même un gameplay, poussif, mais à différents degrés. Ainsi, trois sports se partagent la catégorie du « plus ou moins QTE », ce qui signifie qu'ils sont basés sur la réalisation de mouvements précis à des moments précis, en fonction de l'apparition de consignes à l'écran. Le ski de bosses, épreuve très brève, demande de secouer alternativement Wiimote et Nunchuk pour passer rapidement lesdites bosses, et de les diriger brutalement dans un sens ou dans l'autre pour effectuer un saut. Déjà plutôt pauvre dans l'esprit, et dans la réalisation, on regrette également une influence finalement assez limitée des mouvements. Ou du moins, elle est très peu visible à l'écran, ce qui est bien dommageable pour l'amusement et la sensation de progression.
Le patinage de vitesse repose également sur du secouage alternatif, sauf en virage où seule la Wiimote est mise à contribution, à l'aide d'une jauge qui indique le meilleur moment pour l'action. Ici en revanche notre patineur dopé aux amphétamines sera capable de passer de l'escargot asthmatique au dragster survitaminé. Très répétitif, malheureusement. Dernière épreuve du genre : la natation synchronisée, également surnommée le QTE du pauvre. Lent, moche, pas artistique pour deux sous et surtout sans rapport direct entre nos mouvements et ceux de notre nageur, on voit bien mal l'intérêt de ce sport, si ce n'est celui d'apporter sur la jaquette une touche d'originalité.

 


Cette différence est également apportée par la présence du kendo, art martial dorénavant sport de combat au bâton. Malheureusement, ce bâton se trouve autant dans les mains des opposants que dans un endroit de leur corps que la décence m'interdit de citer (néanmoins vous aurez compris grâce à ma formulation hypocrite). Les animations sont dignes de marionnettes de Guignol (les lyonnais, pas celles de l'info), la volonté de faire rire en moins. L'ensemble de ce sport est donc rigide, lent, avec en prime des déplacements et mouvements de caméra horribles. Il est possible avec persévérance de mettre en place quelque tactique (toucher à la main, au corps, esquive), mais l'animation et la lenteur diminuent grandement le plaisir qu'on pourrait y ressentir.
Idem pour le tennis, avec malgré tout une bonne volonté (pas de positionnement libre pour rester simple mais possibilité d'aller vers l'avant ou l'arrière), vite refrénée hélas par une gestion des déplacements automatiques calamiteux : oubliez les services-volées. Ajoutez-y la lourdeur et la latence comme toujours trop grande et vous obtiendrez un petit gâchis, car on aurait aimé accrocher à ce mélange de simplicité et de volonté de profondeur.
Passons rapidement sur la course de moto, moins mal réalisée que les épreuves de courses du précédent volet mais toujours vide, à la physique dérapante irréaliste (vive la translation horizontale), avec un effet de flou (pour la sensation de vitesse) horrible et donc, malgré une réactivité de la manette meilleure qu'ailleurs, qui n'apporte pas plus de plaisir au joueur.

 


Enfin, penchons-nous rapidement sur les sports un tant soit peu correctement réalisés. Malgré un gardien passoire et une sélection assez difficile du joueur que l'on souhaite contrôler, le hockey sur glace s'en sort honorablement. On secoue certes beaucoup la manette dans n'importe quel sens pour chaque action, mais il est possible de s'amuser. Un peu. Voire de progresser, avec notamment une possibilité de tirer sans contrôle. Oui, c'est énorme, moi non plus je n'en suis pas revenu.
Vous ne reviendrez pas non plus de la balle au prisonnier, si ce n'est un sachet à vomi à la main, la caméra se plaçant en permanence derrière l'équipe possédant le ballon avec une délicatesse digne d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Toujours lourd et moyennement réactif, avec une nécessité de bien anticiper une éventuelle prise de balle, il sera tout de même possible de rigoler avec un ami en se balançant des gros boulets à la tête, en passant à ses coéquipiers et en évitant la balle à la Matrix-style (l'effet de ralenti en moins, ne rêvons pas). Mais pas très longtemps, les limites étant rapidement atteintes.
Les deux dernières épreuves sont elles des plus aisées à programmer, le mérite de leur « réussite » est donc moins grand, mais l'important, c'est la qualité finale. Ainsi, pétanque et fléchettes sont relativement fidèles à ce qu'on pouvait en attendre, avec différentes règles, une simplicité d'utilisation et une convivialité forcément au rendez-vous. Rassurez-vous, la maniabilité saura vous faire pester tout de même de temps en temps, expliquant quelques ratés de lancers. Enfin, en plus du fait que vous êtes nuls, cela va sans dire. C'est finalement ce qu'on retiendra le plus de Sports Island 2 : jamais il ne saura mettre en valeur vos éventuels exploits, jamais il ne saura vous donner l'impression de progresser réellement. Aucune empathie pour les actions de vos avatars n'est possible. On joue sans vraiment jouer... pari raté.

source - http://img1.livegen.fr/00/00/21/88/0000218818.jpg source - http://img1.livegen.fr/00/00/21/88/0000218819.jpg

Gameplay
3 / 10
Maniabilité lourde et peu réactive, manque de cohérence entre les gestes souhaités à l'écran et les mouvements à faire (on secoue, point), ce qui nécessite finalement l'utilisation un peu trop fréquente de boutons de la ou des manettes, enfin absence de sentiment de progression, peu de choses nous sont épargnées.
Graphismes
4 / 10
On aurait pu se passer de beaux effets, ignorer l'aliasing, la pauvreté du public et ne garder en mémoire que les reflets de la glace ou l'ambiance colorée - certes, en étant peu exigeant. Impossible en revanche de se faire à ce design semi-réaliste immonde, sans personnalité, sans rien en fait. Bref, l'essentiel n'est pas là et le minimum vital (pour la santé de nos rétines) est presque rempli.
Bande-Son
2 / 10
Musiques pseudo-modernes prise de tête à tout moment du jeu, bruitages peu nombreux, fades voire gênants, tel est le programme sonore de Sports Island 2. Heureusement, ça se baisse, mais c'est toujours dommage de devoir en arriver là.
Durée de vie
3 / 10
Malgré quelques modes bienvenus, la durée de vie reste totalement dépendante de votre patience et de votre ludothèque déjà existante. La note indique la tendance.
Note Solo
2 / 10
Plusieurs tournois à effectuer, de difficultés variables, quelques variations, on ne s'y attardera pas trop, si ce n'est pour s'entrainer à maîtriser les commandes pour défoncer amis et famille le week-end suivant.
Note Multi
4 / 10
Genre convivial par essence, Sports Island ressemble malheureusement un peu trop à ces jeux de société qu'on sort pour faire quelque chose mais qui n'apportent finalement pas grand-chose, voire rien, à la soirée.
Note finale
3 / 10
Lassitude. C'est le mot qui pourrait définir Sports Island 2. Las de contrôles lourds, lents et limités, d'esthétisme inexistant et plus simplement d'absence de fun. On ne prend véritablement son pied que pour sortir dehors et pratiquer un vrai sport, pas les ersatz simplifiés (pour la bonne cause) sans réelle accessibilité ni possibilité de progression (ça plombe la cause). Sports Island 2 a l'air d'un petit jeu sympa et convivial et correspond effectivement en partie à cette définition : c'est un petit jeu.
Test de Sports Island 2
Par mardi 30 juin 2009 à 14h00
  • A ne pas confondre, donc, avec Wii Sport Resort !
    il y a 2 années
    • Playstation 3 - Utilisateur de Playstation 3 - Débloqué le 13 janvier 2009
    • Nintendo Wii - Utilisateur de Nintendo Wii - Débloqué le 13 janvier 2009
    • Mac OS - Utilisateur de Mac OS - Débloqué le 09 janvier 2009
    • Google Chrome - Utilisateur de Google Chrome - Débloqué le 29 octobre 2010
    • Night Watch - We fight in the shade ! - Débloqué le 13 novembre 2010
  • Une triste pensée pour ce pauvre Yaka qui a été obligé de tester une telle bouse.
    Merci quand même pour ce test, qui révèle bien la nature de ce jeu.
    il y a 2 années
  • Merci pour le test yaka^^

    Je suis assez surpris :kezako:
    Je pensais (vu le succès du premier) que cette compilation de jeux avait quand même son côté sympa entre amis, voir même un peu délirant mais en fait même pas o_o

    Le gameplay a l'air vraiment à chier donc rien qu'avec ça, on peut déjà mettre le jeu à la poubelle -_-
    C'est dommage franchement, même si le jeu ne m'ineteressais pas vraiment...
    il y a 2 années
  • Et ben il sera pas mien celui là, et même en occasion je ne le prendrai pas ^^
    il y a 2 années
    • Défenseur open-source - Utilisateur de Linux - Débloqué le 04 octobre 2010
    • E3 2011 - Présent lors de l'E3 2011 - Débloqué le 03 juin 2011
    • Je suis le premier ! (niv 4)  - Premier à poster sur 300 commentaires - Débloqué le 22 janvier 2010
    • Revenant - Back from the dead - Débloqué le 27 décembre 2010
    • Google Chrome - Utilisateur de Google Chrome - Débloqué le 16 décembre 2011
  • Le pire c'est que le 1er s'est vendu à 2 millions d'exemplaires, que celui là était en tête de gondole au supermarché du coin et je suis sûr qu'il va se vendre comme des petits pains (fourrés à la m*rde)

    Et à côté de ça, des jeux géniaux comme Little King's Story ne sont ni mis en avant en magasin, ni objet de publicité :sad:
    il y a 2 années
    • Firefox - Utilisateur de Firefox - Débloqué le 20 août 2008
    • Revenant - Back from the dead - Débloqué le 24 décembre 2010
    • 20000 pièce d'or - Vous avez gagné 20000 pièces d'or - Débloqué le 30 décembre 2010
    • Défenseur open-source - Utilisateur de Linux - Débloqué le 03 avril 2011
    • Participation (niv 4) - 1000 Commentaires postés - Débloqué le 19 octobre 2011
  • Le jeu de l'année, assurément. :cool:
    il y a 2 années
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Fiche jeu

Sports Island 2

  • Wii
  • Genres : Party Game / Sport
  • Sortie FR : 14 mai 2009
  • Compilation de dix sports ou activités sportives en version "simple" : ski de bosses, patinage de vitesse, natation synchronisée, kendo, tennis, moto, hockey sur glace, balle au prisonnier, pétanque et fléchettes.