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Trauma Center : New Blood

Trauma Center : New Blood

Voilà des années que le la délicieuse Angie entendait le frêle docteur Stiles lui hurler dans les oreilles « I will save this patient ! » pour la toute première fois. Depuis, la TAC a été éradiquée, de nouvelles techniques médicales ont été développées, des études menées par des altermondialistes diplômés d'un bac - 3 ont révélé que les cachets d'aspirine contenaient des nanomachines visant à contrôler quiconque les avalait, enfin Mac Donald et Microsoft ont rendu public le partenariat millénaire qui les liait aux illuminatis, partenariat qui leur facilitait l'asservissement exercé sur les grands gouvernements de ce monde en secret. La vérité était bel et bien ailleurs, en fin de compte.


Seringue usée, seringue contaminée ?

La série des Trauma Center, qui avait surpris son monde sur Nintendo DS avec le très méritant Under the Knife, l'avait conquis pour de bon avec son excellent remake, Second Opinion, sur Nintendo Wii. Le jeune et maigre docteur Stiles, épaulé par sa fidèle, jeune, généreuse de poitrine, blonde et ferme infirmière, Angie, s'y découvrait des aptitudes toutes particulières qui le conduisirent tout artificiellement jusqu'au Caduceus, un centre de recherche médicale placé en première ligne dans la lutte contre la TAC, une terrifiante menace bactériologique d'un genre nouveau. Après s'être fait à un gameplay original et à un concept fort dans un hôpital des plus modestes en soignant des clients dits « classiques », le joueur se retrouvait vite propulsé dans une noble quête pour sauver le monde en quelques coups de scalpel. Merveilleux, atypique, inattendu et difficile, ce jeu d'adresse perché à mi-chemin entre l'arcade et la simulation proposait d'exercer le grand nombre d'opérations, parfois réalistes mais souvent fantaisistes, qui ponctuaient une aventure d'un calibre inédit. Autant de raisons d'attendre New Blood de pied ferme.


Eux ont versé le premier sang, pas moi


Adieu Derek Stiles et adieu le Japon, bienvenue l'Alaska et les docteurs Valérie Blaylock et Markus Vaughn. S'il est appréciable mais aucunement nécessaire d'avoir terminé l'un des épisodes précédents pour savourer pleinement ce nouvel opus (le scénario de cette nouvelle aventure étant situé des années après celui d'Under the Knife/Second Opinion), avoir achevé Under the Knife 2, la suite directe des deux premiers épisodes parue sur Nintendo DS, n'influe en rien sur la qualité de la découverte de ce nouveau chapitre puisque la trame de ce dernier se veut totalement indépendante des faits narrés dans Trauma Center : New Blood ; une trame scénaristique nettement plus agréable à suivre que ne l'étaient celles de ses prédécesseurs, soit dit en passant, d'autant plus que les dialogues sont désormais doublés avec talent par des voix anglaises toujours justes et dans le ton.

New Blood, fidèle aux habitudes de ses pères, est constitué de dialogues (entre des artworks à la Fire Emblem ; notez que le design réussi des nouveaux protagonistes assure sans peine l'attachement aux personnages) enrobant ce qui fait tout son sel : les phases de gameplay, les opérations. Le pointeur de la Wiimote et la gestion de la palette d'instruments au Nunchuk sont toujours aussi efficaces, nettement supérieurs à la jouabilité proposée par la Nintendo DS et son stylet. Précis, immersif voire génial, le gameplay de Trauma Center : New Blood assure de grands moments à passer devant sa télévision, les gesticulations désordonnées et les gémissements enfantins de la victoire succédant aux salves de sueurs sécrétées par la faute d'un stress dû à un challenge évident pour qui ose se frotter aux modes de difficulté les plus élevés. De nouveaux types d'opérations parfois très surprenants (soutenus par de nouvelles actions comme de nouveaux instruments), qui viennent enrichir et varier les phases de jeu, complètent efficacement les manoeuvres déjà connues des habitués de la série qui apprécieront de pouvoir sauter la case didacticiel. La main curatrice profite de la parution Trauma Center : New Blood sur les étalages des revendeurs de jeux vidéo pour faire son grand retour, aux grands regrets des amateurs de réalisme et de simplicité qui exprimeront un profond rejet pour cette énième japoniaiso-fantaisie scénaristique qui, lorsqu'elle ne se veut pas facultative, sert à garnir la palette d'actions disponibles pour sauver des patients qui en ont bien besoin.

L'arrivée d'un classement en ligne spécifique à chaque opération et le retour des redoutées car redoutables missions X en fin de jeu sont à déclarer. Une poignée de défis, qui ne nécessitent pas d'être achevés pour faire progresser le scénario, font également acte de présence (le dernier d'entre eux s'avère être particulièrement amusant pour les coutumiers de Trauma Center). Mais toutes ces nouveautés ne sont que peu de choses en comparaison de l'arrivée d'une coopération tant attendue.


1 + 1 = 2 mains curatrices valent mieux qu'une


En mode solitaire, l'association des docteurs Blaylock et Vaughn se traduit par la possibilité de choisir quel chirurgien incarner. Si le choix est toujours d'actualité en multijoueur, il permet à deux médecins en herbe de s'adonner simultanément aux joies de la charcuterie humaine. Le jeu est ainsi intégralement faisable seul comme à deux, et il est possible de passer d'un usage à l'autre sans avoir à refaire les missions qui n'ont pas été faites dans l'autre mode, chose très appréciable.

Si les opérations de Trauma Center : New Blood sont admirablement pensées pour être jouées en coopération, cette orientation volontaire et assumée ne nuit en rien à la faisabilité ni à la qualité du mode solitaire, qui compense cette carence par la possibilité de changer de degré de difficulté d'une mission à l'autre comme bon semble à l'ermite.


Change ta souche !


Derek Stiles et Naomi Weaver étaient confrontés à la TAC, Valérie Blaylock et Markus Vaughn feront face au Stigma, comprenez la TAC « 2 », constituée de nouvelles formes de vies parasites meurtrières et bizarres convoitées par les terroristes et les scientifiques fous, toujours plus énervantes pour le corps médical ; gageons que le prochain Trauma Center ne nous demandera pas d'extraire les symbiotes des enveloppes mutilées d'une armée de jaffas. On regrettera que le combat contre le Stigma soit mené bien trop tôt dans l'aventure ; le fil conducteur principal du scénario (donc l'affectation à la branche américaine du Caduceus) se laisse découvrir trop vite, ne laissant pas le temps au joueur de s'accoutumer au rite tellement agréable des opérations classiques dans un hôpital modeste, de se prendre au succulent jeu de la routine. N'allez pas croire pour autant qu'une fois le Stigma découvert les interventions le concernant se succèdent sans cesse ; des opérations plus terres à terres, tantôt classiques et connues du joueur tantôt surprenantes et intelligentes, continuent de ponctuer la progression. Et si la chasse puis la lutte se veulent légèrement plus passionnantes et mieux scénarisées qu'auparavant, elles sont à peu de choses près aussi brèves ; comprenez que la durée de vie de Trauma Center : New Blood est quasiment aussi courte que celle de Second Opinion. Comptez sur une douzaine d'heures tout au plus en mode normal.

Invincible par son gameplay majestueux et par l'épopée inédite qu'il propose, fort d'un mode coopération prenant (attention tout de même à ne pas vous lier avec un partenaire désordonné, vous risqueriez de céder rapidement à l'irrésistible envie de lui briser la nuque en cas d'échecs répétés), auteur d'un challenge paramétrable à tout instant qui saura s'adapter aux modestes comme rassasier les plus acharnés, habile par les quelques nouveautés franchement intéressantes qu'il propose, Trauma Center : New Blood séduit. Quelques surprises ne manqueront pas de faire plaisir aux habitués. En marge de l'excellente série des Persona et autres Shin Megami Tensei, Atlus continue de bousculer les plus grands développeurs de notre temps à grands renforts d'ingéniosité et de savoir faire. Vite, on en redemande !

Gameplay
9 / 10
Un esprit éclairé avait prétendu que le gameplay de Trauma Center : Second Opinion était au confort de jeu ce que le Ritz était au luxe. Qui aurait cru que le visionnaire était si loin de la réalité ! Enrichie, la formule Trauma Center nous revient au meilleur de sa forme. Plus captivant qu'une drogue dure.
Graphismes
7 / 10
Techniquement identique à Second Opinion, New Blood se dote d'artworks chaleureux et conserve la patte graphique si particulière des opérations de son aïeul. Le design des personnages, travaillé et mature, compte pour beaucoup dans l'attachement qu'il est possible de leur porter. Certains passages mouvementés - de guerre civile notamment - auraient cependant gagné à être narrés par l'intermédiaire de scènes cinématiques d'un genre « anime », au lieu de se contenter d'une image soutenue par des bruitages, certes belle mais tellement morte.
Bande-Son
8 / 10
Les musiques d'ambiance sont en totale adéquation avec les rebondissements qu'elles soulignent. Certains thèmes sortent vraiment du lot. Le tout confère à la saga une identité propre. Les dialogues sont désormais doublés par des acteurs qui livrent un travail d'une appréciable justesse.
Durée de vie
5 / 10
Aussi court que son aîné, Trauma Center : New Blood peut compter sur de nouveaux défis, sur un classement en ligne et sur un multijoueur de grande qualité pour tempérer quelque peu la déception de le boucler en moins d'une douzaine d'heures seulement.
Note Solo
8 / 10
Meilleur que son aîné même si moins mirifique, New Blood n'a en rien sacrifié son mode solitaire pour n'être agréable qu'en coopération. La possibilité de changer de degré de difficulté entre chaque opération compense largement le manque éventuel d'une seconde main. La surprise originelle n'est effectivement et évidemment plus là, mais le plaisir demeure intact et intense.
Note Multi
8 / 10
Avec son odyssée intégralement jouable en coopération et ses opérations pensées pour le partenariat de deux chirurgiens, Trauma Center : New Blood promet des parties endiablées aux couples qui auront le bon goût de l'affronter.
Note finale
8 / 10
Porté par une aventure qui se laisse suivre avec intérêt, servi par des personnages attachants, sublimé par un concept original et un gameplay d'une efficacité qui n'est plus à défendre, élevé aux sommets des plus hautes sphères par des opérations inédites oscillant entre l'ancien et le neuf, enfin transcendé par des fonctionnalités nouvelles et appréciables dont un mode coopératif des plus attendus, Trauma Center : New Blood est une grande réussite. Accessible à ceux qui le veulent, redoutable pour les courageux qui trouveront ici l'un des plus impressionnants challenges de cette génération de consoles, le Nouveau Sang ne souffre que d'une durée de vie trop faible même si aidée par un classement en ligne. Certains regretteront néanmoins qu'une fois encore la série en fasse trop ; pourquoi toujours vouloir à tout prix sauver le monde ? Un grand scénario n'est absolument pas systématiquement un scénario aux enjeux interplanétaires.
Test de Trauma Center : New Blood
Par mardi 8 septembre 2009 à 10h27
  • Celui là je me le prend à coup sûr quand j'aurai le temps et que je le trouve pas cher ! J'avais adoré le premier remake sur wii !
    il y a 2 années
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