Test

The Sky Crawlers : Innocent Aces

The Sky Crawlers : Innocent Aces

Si les jeux d'aviation se font aussi rares qu'ils sont réussis, c'est certainement que le genre n'a jamais été réellement vendeur. Le pari de réaliser un jeu de ce style sur Wii est donc des plus osés, d'autant que les contrôleurs de la bête n'ont toujours pas prouvé qu'ils pouvaient être facilement adaptés aux pilotes chevronnés, à l'image de modestes softs comme Heatseeker ou Blazing Angels. Cependant, lorsque c'est le studio de développement Project Aces, ayant déjà travaillé sur la célèbre série Ace Combat, qui se penche sur l'adaptation vidéoludique du dernier film d'animation de Mamoru Oshii, on ne peut qu'insérer le jeu et prendre les manettes avec un sentiment mêlé entre curiosité et enthousiasme.

The Sky Crawlers : Innocent Aces prend place dans un monde alternatif en paix, où les guerres entre nations ne sont plus à l'ordre du jour. Cependant, et pour préserver ce fragile équilibre de la nature conflictuelle de l'espèce humaine, des multinationales se livrent une lutte sans merci dans un conflit armé surmédiatisé, à l'image d'une télé-réalité aux victimes pourtant bien réelles.
C'est dans cet univers que le jeune mais non moins talentueux Lynx, rejoint l'escadron aérien Cougar, la fierté de la Rostock. Avec ce synopsis, le jeu propose une expérience en lien direct avec le film d'animation, Mamoru Oshii a été consultant à la création du jeu et cela se ressent aussi bien sur la mise en scène que dans le scénario lui-même. Le titre de Namco Bandai est en effet une préquelle directe aux évènements du film et apporte même quelques réponses importantes à l'ensemble du travail sur Sky Crawlers, à tel point qu'on ne pourra réellement l'apprécier qu'en découvrant ces deux aventures.

source - http://img1.livegen.fr/00/00/26/93/0000269330.jpg source - http://img1.livegen.fr/00/00/26/93/0000269331.jpg source - http://img1.livegen.fr/00/00/26/93/0000269329.jpg

Un long Briefing

Si The Sky Crawlers : Innocent Aces nous laisse largement le choix des armes en proposant un pilotage à la manette classique ou au pad GameCube, c'est dans l'utilisation du combo Wiimote-Nunchuk que le titre surprend le plus. En effet, si la Wiimote garde la main sur la gestion des menus , le ciblage, l'accélération et le choix de la vue (de derrière, du cockpit ou du nez de l'avion), le Nunchuk se paye le luxe de la main directrice en s'imposant dans le rôle du manche. Un choix aussi audacieux que judicieux une fois dans les airs, mais qui nécessitera quelques vols d'entrainement pour bien maitriser l'engin. Surtout qu'il existe trois niveaux de précision de pilotage (Débutant, Normal et Expert) qui nous laissent plus ou moins de marge de manœuvre, mais qui requièrent un certain nombre d'heures de vol.

Le didacticiel est une étape obligatoire pour bien saisir les bases et règles particulières qui donnent toute leur intensité aux combats aériens. L'une des plus singulières est le remplissage d'une jauge de manœuvre - disposant de trois niveaux - lorsqu'on pourchasse ou qu'on entre dans la zone d'influence d'un ennemi. Suivant le temps passé à la poursuite de l'adversaire, utiliser cette réserve en appuyant sur A nous permettra de se positionner de fort belle manière – comprenez avec une belle cut-scene – derrière notre ennemi. Ce mode appelé Tactical Manoeuver Commands (CMT) n'a pas seulement que pour objectif de nous en mettre plein la vue, mais représente surtout la meilleure façon de « locker » un ennemi et d'éviter moult chassés-croisés dans les vastes niveaux aériens. Car dans The Sky Crawlers : Innocent Aces, tout se joue façon vieille école. La mitrailleuse est notre arme principale obligatoire et l'on pourra choisir notre arme secondaire parmi mitrailleuses rapides, lourdes ou missiles air/sol pour ne citer qu'eux. Si l'on tire avec le bouton Z, que cela soit pour la mitrailleuse ou l'arme que l'on aura choisi en option, switcher entre les deux avec C ne posera aucun problème. Cette configuration, en effet idéale, permet au pilote de gérer entièrement les tirs depuis le Nunchuk pour un confort et une immersion de tous les instants.

source - http://img1.livegen.fr/00/00/26/93/0000269327.jpg source - http://img1.livegen.fr/00/00/26/93/0000269332.jpg source - http://img1.livegen.fr/00/00/26/93/0000269333.jpg

Préparer l'oiseau au combat

Les bases du pilotage acquises, il faut maintenant se préparer à partir en mission. Vos supérieurs vous exposeront les objectifs à remplir au cours d'un rapide briefing illustré d'une carte du terrain. Très importante, cette étape obligatoire avant chaque mission vous fournira bon nombre d'indices à la fois sur l'avion qu'il est préférable de piloter mais aussi sur l'armement à privilégier, notamment lorsqu'il s'agit d'un bombardement et qu'on ne nous impose pas le transport de missiles. La carte met aussi en avant le nivellement du terrain de notre combat, car si cela n'a logiquement que peu d'importance concernant les combats aériens, les conditions de bataille nous obligeront parfois à passer par d'étroits canyons ou de nous réfugier derrière une montagne pour échapper à l'ennemi.

Une fois les données en tête, il nous sera possible de retourner au hangar pour effectuer les dernières modifications à notre engin de combat. Si, comme expliqué plus haut, l'armement jouera un rôle primordial dans l'approche offensive des unités adverses, la modification de notre avion n'est pas à négliger pour autant. Ainsi, les pilotes chevronnés pourront alléger leur blindage pour donner plus de souplesse au pilotage et aux changements brusques de manœuvres, mais cela se fera au détriment de la capacité de l'engin à encaisser les impacts, parfois nombreux, des pilotes à nos trousses. Toutes ces modifications auront de lourdes conséquences et influeront sur l'aspect tactique. Sans compter que l'on débloquera près d'une vingtaine d'avions possédant leurs caractéristiques propres tout au long de l'aventure, ce qui laisse présager autant de possibilités de pilotage et autres modifications pour des expériences totalement nouvelles.

source - http://img1.livegen.fr/00/00/26/93/0000269336.jpg source - http://img1.livegen.fr/00/00/26/93/0000269337.jpg source - http://img1.livegen.fr/00/00/26/93/0000269335.jpg

L'envol de l'enfant soldat

Chaque mission est le moment de découvrir un peu plus la trame scénaristique du soft au travers des diverses cut-scenes centrées sur nos joyeux combattants parfois insouciants. Ces séquences d'introduction arrivent à nous mettre tout de suite dans l'ambiance du film d'animation. Petit bémol cependant, si l'on retrouve avec joie quelques-unes des très bonnes musiques de Kenji Kawai, les autres compositions destinées à accompagner les combats sont malheureusement de qualité très inégale oscillant entre le bon et le peu inspiré. Rien de grave cependant, l'ensemble de l'oeuvre musicale remplissant tout de même son contrat en restant agréable à l'écoute, même au milieu de l'action. Mais ce qui donne toute son identité au jeu est indéniablement le fait que notre escadrille communique en permanence avec nous et donne d'importantes indications sur le déroulement des joutes aériennes, car il arrive régulièrement que la mission telle qu'expliquée durant le briefing soit marquée d'imprévus. Si l'on note le bon soin apporté au sous-titrage, il reste malheureusement handicapant à lire sous le feu de l'action. Car si le doublage anglais n'est en rien une catastrophe en soi, parcourir les sous-titres en bas de l'écran tout en manœuvrant demande un niveau certain en gymnastique des yeux.

Les graphismes du soft seront aussi sujet à controverse. Bien que les engins volants soient plutôt reproduits de fort belle manière - on reconnaitra sans mal la patte d'Atsushi Takeuchi au Mecanical Design -, il n'en n'est pas toujours de même des environnements extérieurs parfois trop plats, manquant de détails et de finesse, mais pas de profondeur. Effectivement, à l'image du reste du titre, si les décors au sol ne semblent pas réellement finis, le ciel est criant de réalisme, avec une mention toute particulière au travail apporté sur les nuages qui auraient mérité d'apparaître dans une publicité pour yaourts. Malgré toutes ces imperfections techniques, The Sky Crawlers : Innocent Aces est un modèle de maniabilité, l'avion réagit au quart de tour ce qui n'est pas un mal tant les boss du jeu nous donneront du fil à retordre, ce qui n'est cependant nullement le cas des autres pilotes, la faute certainement à l'indispensable Tactical Manoeuver Commands (CMT) qui facilite nettement l'approche ennemie. Heureusement, les différents niveaux de difficulté, dont les plus élevés sont déblocables en terminant le mode histoire, leur fera gagner en hardiesse et rendra les boss accessibles uniquement aux meilleurs et à ceux qui arriveront à maîtriser les manoeuvres manuelles d'esquive. Contrairement aux CMT, ces techniques ne sont aucunement influencées par la distance qui nous sépare de l'ennemi. Associées aux huit directions du stick analogique du Nunchuk, ces mouvements nous permettent d'éviter les tirs en combinant une direction avec A et sont primordiales afin de ne pas se faire tirer comme un lapin. Vous l'aurez compris, The Sky Crawlers : Innocent Aces bien que possédant une réalisation bancale à bien des égards s'appuie sur une prise en main exemplaire tirant au mieux parti du couple Wiimote-Nunchuk. Comme indiqué sur la boîte, un ami peut se joindre au joueur au cœur même des combats. Par contre et cela devient une habitude dans les titres actuels, votre partenaire sera représenté par une simple cible à l'écran, il faudra donc une bonne imagination pour vraiment voir dans ce système un mode multijoueur digne de ce nom alors que l'on aurait bien sûr préféré à la limite un écran splitté pouvant même déboucher sur des duels entre joueurs. Nous n'aurons rien de tout ça.

source - http://img1.livegen.fr/00/00/26/93/0000269338.jpg source - http://img1.livegen.fr/00/00/26/93/0000269339.jpg source - http://img1.livegen.fr/00/00/26/93/0000269340.jpg

Atterrissage

La fin des séances de dogfight est l'occasion de revenir sur les joutes les plus spectaculaires sous divers angles de caméra. Ces replay souffrent d'une mise en scène maladroite qui gâche réellement le plaisir du visionnage d'autant qu'on devra supporter l'imbuvable menu que l'on ne peut faire disparaître de l'écran. On passera très rapidement des replay aux magnifiques scènes cinématiques qui entrecoupent le titre de Namco Bandai avant de compter les points et le nombre d'ennemis descendus. Avec ses maigres 17 missions, le titre se termine facilement en une petite dizaine d'heures, ce qui est déjà appréciable pour le genre, surtout que piloter au combo Wiimote-Nunchuk devient très rapidement physique. Mais cela ne suffira pas aux plus passionnés pour se relancer dans l'aventure. The Sky Crawlers inclut un système de points dépendant directement du temps passé pour boucler la mission, du nombre de tués par CMT ou non, ainsi que de votre expérience en jeu.

Gameplay
8 / 10
Jouable au combo Wiimote-Nunchuk, à la Manette Classique ou au Pad GameCube, et proposant moult configurations et niveaux de pilotage, le jeu de Namco Bandai s'adaptera à n'importe quel pilote. Mention toute particulière pour le choix risqué mais judicieux d'utiliser le Nunchuk comme manche et donc se tenant dans la main droite pour les droitiers et vice versa pour les gauchers, un vrai bonheur, d'autant que l'avion réagit au quart de tour.
Graphismes
6 / 10
On oscille entre une fidèle modélisation des différents avions de combat et des décors au sol aussi plats qu'une Jane Birkin. Pourtant, le ciel est lui très bien représenté, les effets de lumière et les nuages assez réalistes pour se rendre compte que l'attention des développeurs s'est clairement plus concentrée sur cette partie du soft. Ce qui donne des niveaux aux textures très inégales et aussi décevantes qu'éblouissantes par moment.
Bande-Son
6 / 10
Là encore nous nous retrouvons face à une oeuvre imparfaite. Si les compositions de Kenji Kawai font toujours leur petit effet, les autres morceaux bien qu'accompagnant remarquablement l'action souffrent de la comparaison avec le maître. Le doublage anglais bien que de qualité manque parfois de profondeur, ce qui a pour effet de diluer toute la dimension des phases dramatiques du jeu. On aurait bien entendu préféré pouvoir opter pour un doublage nippon, mais cette option est malheureusement absente de cette version occidentale.
Durée de vie
7 / 10
Le joueur lambda verra le bout de l'histoire en huit petites heures de jeu, mais The Sky Crawlers : Innocent Aces dévoile tout son potentiel dans les modes les plus difficiles et la maîtrise du mode expert de pilotage. Ajoutez à cela les médailles validant divers objectifs au sein des missions et qui feront un bon prétexte pour reprendre les manettes, vous comprendrez rapidement qu'on est loin d'une durée de vie gonflée artificiellement.
Note finale
7 / 10
The Sky Crawlers : Innocent Aces est une adaptation intelligente d'une licence et peut même se targuer d'être un complément au film d'animation à qui il emprunte sa forte identité. Alors, oui, le soft est encore perfectible aussi bien graphiquement qu'au niveau de l'ambiance sonore et du manque d'originalité des missions, mais ces points ne sont en rien dramatiques car le joueur retiendra avant tout le gameplay innovant et à toute épreuve. Ce tour de force classe le titre de Namco Bandai directement sur la plus haute marche du genre sur la console de salon de Nintendo et prouve que l'univers du cinéma mêlé à celui du jeu vidéo peut donner un résultat des plus étonnants.
Test de Sky Crawlers : Innocent Aces
Par samedi 27 mars 2010 à 14h16
  • acheté le jour de la sortie, malheureusement j'ai fais l'erreur de jouer en mode facile, résultat le jeu ne propose aucun challenge dans ce mode de difficulté et j'ai pas encore tenté dans un niveau plus élevé, trop de jeu en ce moment -_-
    il y a 2 années
    • Night Watch - We fight in the shade ! - Débloqué le 21 octobre 2007
    • Firefox - Utilisateur de Firefox - Débloqué le 16 septembre 2007
    • Nintendo Wii - Utilisateur de Nintendo Wii - Débloqué le 30 mai 2008
    • Android - Résistance contre apple - Débloqué le 23 décembre 2010
    • Revenant - Back from the dead - Débloqué le 11 août 2011
  • a petit prix pourquoi pas ... un jour
    il y a 2 années
    • God of war - Kratos - Débloqué le 13 avril 2010
    • Uncharted 2 - Nathan Drake - Débloqué le 13 avril 2010
    • Batman Arkham Asylum - Batman - Débloqué le 13 avril 2010
    • Batman Arkham Asylum - Jocker - Débloqué le 13 avril 2010
    • Borderlands - Borderlands - Débloqué le 13 avril 2010
  • merci pour ce test, je me le prendrai après avoir fait fragile, muramasa, spyborg, dead space extraction et red steel 2... donc dans quelques mois...
    il y a 2 années
    • Legend of Zelda - Phantom Hourglass - Débloqué le 20 octobre 2007
    • Metroid Prime 3 - Samus - Débloqué le 28 octobre 2007
    • Final Fantasy Tactics - Ramza - Débloqué le 14 octobre 2007
    • Final Fantasy Tactics - Delita - Débloqué le 14 octobre 2007
    • Metal Gear Solid - Solid Snake - Débloqué le 20 juin 2008
  • par contre Damien5011 il est possible de cacher le menu des replay, je sais plus comment vu que je ne les regardais jamais mais c'est faisable ;)
    il y a 2 années
    • Night Watch - We fight in the shade ! - Débloqué le 21 octobre 2007
    • Firefox - Utilisateur de Firefox - Débloqué le 16 septembre 2007
    • Nintendo Wii - Utilisateur de Nintendo Wii - Débloqué le 30 mai 2008
    • Android - Résistance contre apple - Débloqué le 23 décembre 2010
    • Revenant - Back from the dead - Débloqué le 11 août 2011
Vous ne pouvez plus poster de commentaire